Entre le 22 et le 31 mars, les étudiantes et les étudiants sont appelés à élire leurs représentant-e-s aux conseils d’administration des CROUS. Pour beaucoup, ces élections sont l’occasion de mesurer leur audience ou de financer leur mouvement. Dans de nombreux CROUS, on assiste à l’apparition traditionnelle de liste aux noms alléchants promettant fête et dolce vita aux étudiant-e-s. A écouter le discours de ces listes « apolitiques et indépendantes » on en oublierait presque les attributions du CROUS. Pour SUD Etudiant, ce serait mentir que d’affirmer pouvoir obtenir une quelconque amélioration des conditions de vie et d’étude des étudiant-e-s en participant à ces organes de gestion de la pénurie. Mais cette campagne constitue également l’occasion de dénoncer un bilan déplorable :
la précarité étudiante ne recule pas. Les étudiant-e-s sont de plus
en plus nombreux à devoir se salarier pour suivre leurs études.
Les contre-réformes des bourses et l’insuffisance des aides
sociales font empirer une situation déjà critique. Cela a des
conséquences :
la crise du logement est toujours plus flagrante. Elle touche toutes
les classes d’âge mais les étudiant-e-s sont en première ligne. Les
luttes récentes à Paris comme à Lille avec des occupations de
logements vides ou des grèves des loyers sont là pour nous le
rappeler.
comme le rappelle un rapport peu surprenant : les étudiant-e-s
sont mal nourri-e-s. Le coût de la viande ou des légumes en prive
bon nombre d’entre nous. Plutôt que des effets d’annonces et la
suppression des distributeurs dans les établissements scolaires, le
gouvernement ferait bien de permettre à chacun-e de manger à sa
faim !
Enfin, l’accès à la contraception est toujours difficile. Les
distributeurs de préservatifs dans les établissements relèvent plus
souvent de la légende que de l’effectivité. Quand au
remboursement des moyens de contraception, cela n’est toujours
pas à l’ordre du jour (hormis pour certaines pilules) et vient
alourdir un peu plus le budget.
Pour remédier à cela : il y’ a une nécessité : un revenu mensuel
garanti pour tout-e-s. Pour SUD Etudiant, cela passe par la
mise en place d’un salaire socialisé.
Mais à l’heure où le gouvernement met en place une nouvelle
étape dans la casse des retraites, c’est vers des mobilisations
défensives que nous allons devoir nous orienter dans les
prochains mois.
Le discours sans concession de SUD Etudiant, qui dresse le bilande l’incapacité chronique des CROUS et du CNOUS à venir en aide aux étudiant-e-s à
hauteur des besoins pousse certains CROUS à tenter de museler les listes de SUD
Etudiant. Ainsi, à Paris la liste a été invalidée au motif d’un défaut de présentation de carte
d’étudiant pour des élèves normaliens, pourtant inscrits dans un établissement donnant
droit à la sécurité sociale étudiante comme le précisait l’arrêté du recteur. Un recours au
tribunal administratif sera déposé.
Malgré ces embûches, les listes SUD Etudiant et FSE seront présentes cette semaine
dans près de 15 CROUS pour faire entendre un autre son de cloche que l’habituel concert
consensuel.
Assez de précarité ! Assez de cogestion de la misère et d’arrangements entre amis !
Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45
le 21 mars 2010